L’inconnue dans mes draps

L’inconnue dans mes draps

Je me suis réveillé vers 04h, du matin, une forte envie de pisser. Il faisait encore nuit, et au loin quelques coqs hurlaient déjà. C’est un moment étrange, quand ta vessie devient ton cœur et pourtant ton corps n’a qu’une envie : rester au creux de la vague formée par les draps et le matelas moelleux. Il fallait bien se décider à se lever, mais pour l’instant la négociation continuait entre mon corps et ma vessie. Elle finit par gagner. C’est en rejetant les draps que je remarquai que contre le mur, une boursouflure s’était formée. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Je tâtai, serrant et desserrant ma main sur un tas de draps et de chair. C’était un corps. À l’instant précis ma réaction fut de refermer les yeux. Tout simplement.

C’était l’attitude la plus saine : se dire que l’on dormait encore. Comme un rêve dans un rêve ou mieux une réalité onirique si forte que c’en est bluffant. Je me retournai de nouveau et restai là, en position fœtale, contemplant les formes sous les lourds tissus. Mes yeux commencèrent à s’habituer à la pénombre. J’eus envie de vérifier, de toucher encore et encore, mais cela reviendrait à mettre mes sens en jeu. Il ne fallait pas. Je remis tranquillement mes mains entre les cuisses, me positionnant du mieux que possible pour contempler mon rêve.

Puis les formes, sous les lainages, tremblèrent. Ce furent d’abord les cheveux qui glissèrent des tissus, suivit ensuite d’une épaule. Je n’en pouvais plus…

Je tendis la main et la lumière jaillit. Ma vessie tinta. Je me levai, avec précaution. Il fallait que j’aille pisser. Uriner dans un rêve n’est souvent pas bon signe. Il y a de fortes chances que vous soyez en train de mouiller votre couche. Malgré tout, la première miction, en pleine nuit, semi éveillée, a souvent quelque chose de si jouissive. Sentir l’urine monter depuis les testicules, remonter le canal et sortir tandis que les yeux fermés vous appréciez le plaisir.

Je retournai dans la chambre à coucher. Elle était toujours là. Le galbe de ses reins était désormais visible. Son profil chantourné me fit déglutir.

Je ne bois pas et il y a peu de chances que j’eusse ramené une inconnue à la maison. Ma grande timidité ne me permettait d’ailleurs pas de profiter de ces joies galantes. Alors que j’avais repris ma position d’avorton, elle se retourna et le drap glissa lentement de son corps, la déshabillant, dévoilant des seins, un cou, un visage, un creux, un jardin, des lignes et des courbes… J’écarquillai les yeux et par malheur, elle les ouvrit aussi, juste à cet instant, me vit, fit un rond de sa bouche et un cri long et rocailleux sortit de sa gorge.

Je n’eus pas le temps de réagir, qu’elle refermait les yeux en souriant. Elle pensait rêver aussi sans doute. Qui sait !

FIN

Urbain AMOUSSOU

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