LES BIOTECHNOLOGIES, POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE – LES SECRETS DE LA NATURE_1- La médecine de demain

LES BIOTECHNOLOGIES, POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE – LES SECRETS DE LA NATURE

1- La médecine de demain

Plusieurs personnes me demandent souvent c’est quoi les biotechnologies ? Je ne sais souvent trop quoi répondre, non pas parce qu’il n’y a rien à dire, mais parce qu’il y a tant à dire sur ce domaine passionnant que je ne sais trop par où commencer. Et quand tu te tais, les gens ont tendance à imaginer des choses atroces (savant fou, des animaux monstrueux, des malformations provoquées en laboratoire) et voient des OGM diaboliques partout (je reviendrai sur ces derniers à la fin de ma série d’articles).

Dans cette série d’article, je vais essayer de partager avec vous ma passion pour les biotechnologies et surtout vous montrer que pour moi, être biotechnologue, c’est essayer avant tout et tant bien que mal de reproduire les merveilles de la nature pour aider les humains à mieux vivre.

Et comme le dit la devise de ma start-up « Your world is our world » pour dire que nous travaillons avec la nature, avec vous et pour vous.

Alors quelles sont les merveilles de la Nature qui peuvent inspirer la médecine de demain ?

musaraigneLA MUSARAIGNE

Oui, vous aviez bien lu, c’est ce petit animal, qui ressemble à un rat et qui sent souvent très mauvais. Je me rappelle qu’au primaire on nous expliqua que cela provenait du fait qu’elle avait du transporter sa mère décédée ou son père – je ne me rappelle plus très bien – toute seule, pour aller l’enterrer.

Bref c’est un animal for intéressant. C’est l’un des rares mammifères (l’homme est un mammifère), à être venimeux. Le venin de la musaraigne peut paralyser ses proies, sur une période pouvant aller jusqu’à 16 jours.

Ce venin qui est en fait la salive de la musaraigne contient des molécules très intéressantes qui peuvent être utilisées en médecine dans le cas des problèmes neuromusculaires, pour le traitement de la tension, les rides, le cancer….

Et les recherches déjà très avancées ont montré qu’une des molécules présentes dans la salive de ce petit mammifère, la soricidine, permettrait de combattre efficacement la douleur aigue et le cancer.

Pour les études, il est possible aujourd’hui de synthétiser en laboratoire la salive de la musaraigne (Jack Stewart, professeur en biochimie à l’Université Mount Allison)– rien que ça, ce qui est une bonne nouvelle pour la musaraigne, car s’il fallait à chaque fois forcer cette pauvre bête à saliver… – et on espère que dans quelques années on aboutira à un médicament contre par exemple le cancer de l’ovaire ou de la prostate ou encore les rides – ne serait-ce pas génial de « paraître » comme une jeune femme de 30 ans, alors qu’on en a 50 ?

Enfin bref, j’espère que prochainement que vous croiserez une musaraigne vous lui ferez un meilleur accueil et l’aiderez dans sa quête nocturne (et nauséabonde) de sa pitance journalière. Mais ne vous laissez pas mordre, on ne sait jamais.

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LES CONES OU ESCARGOTS DE MER

Vous aviez dit « joliiiii ». Ne vous y trompez pas. Les cônes vivants doivent être manipulés avec précaution ou pas manipulés du tout si l’on ne connaît pas l’espèce. Généralement, les cônes de petite taille ont une piqûre guère plus douloureuse que celle d’une abeille mais le venin de certaines grandes espèces tropicales piscivores peut être fatal à l’homme : il entraîne la paralysie (notamment des muscles respiratoires), puis la mort, dans 70 % des cas humains, en moins de deux heures.

Encore un animal à venin. Une fois pour toute sachez que les venins peuvent être des médicaments, mais jamais au grand jamais ne vous laissez pas mordre par l’animal lui-même.

Caché dans la boue, l’escargot marin guette ses victimes. Il attire les poissons, avec sa trompe puis sort une sorte de harpon qui avec un venin, paralyse sa victime.

Ce venin contient des conotoxines qui peuvent être efficaces contre la douleur en quantités infimes, en interrompant la transmission de signaux dans les voies nerveuses, de manière très sélective. Ces toxines s’avèrent donc d’un grand intérêt pour le développement des analgésiques, en particulier pour les patients atteints de maladies chroniques ou en soins palliatifs.

« L’avantage de ces conotoxines, c’est qu’elles n’entrainent pas de dépendance et se décomposent assez rapidement dans le corps ».

Comme précédemment, il est aujourd’hui possible de produire « in vitro », en laboratoire certaines des molécules présentes dans ces toxines et d’espérer produire bientôt des antidouleurs puissants, efficaces, sans les effets pervers de dépendance. Vive les biotechnologies j’ai envie de crier.

Le meilleur pour la fin de cette première partie.

LA SALAMANDRE

images

Un animal qui me passionne particulièrement. Vous le trouverez dans le logo de Global Biotek.

Fermez les yeux une minute. Imaginez que vous êtes vieux, et que vos organes sont défaillants, poumons, reins, foie, cœur, muscles… tout se meurt – et oui c’est cela la vieillesse – maintenant supposez que vous ayez la possibilité d’aller à l’hôpital du coin et qu’un à un, on puisse vous changer tous ses organes, comme on remplace les pièces usées d’une vielle voiture. Cela fait presque peur et en même temps si grisant, mais c’est quelque chose que la nature fait depuis fort longtemps – du moins certains animaux comme la salamandre, le triton, l’axolotl… – et si la nature peut faire cela, l’homme doit pouvoir avec le temps – ce n’est rien le temps – faire la même chose ou retrouver cette capacité.

L’homme possède certainement des capacités régénératrices. Mais à côté de celles de la salamandre, dont les membres repoussent après une blessure, elles font pâle figure.

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Les amphibiens sont, non seulement, les seuls vertébrés adultes capables de faire repousser un de leurs membres. Mais ils peuvent également régénérer de nombreuses structures complexes comme le cœur, les yeux, la moelle épinière …entièrement et tout neuf.

L’idée « aujourd’hui » n’est pas nécessairement de remplacer un organe en entier, mais par exemple d’aider les grands brûlés à mieux cicatriser, de comprendre le processus de régénération cellulaire pour mieux cerner certains types de cancers… et les recherches sont nombreuses et grâce aux biotechnologies certaines des voies métaboliques utilisées par ces animaux sont déjà en cours de test.

Si vous voyez une salamandre prochainement dans votre jardin ou dans votre chambre – si, si ça peut arriver – arrêtez de lui jeter des choses en criant fort que le feu le brûle. De toutes les manières, si vous lui lancez quelque chose qui lui coupe un membre, il filera en attendant le temps qu’un nouveau membre repousse.

Ah une dernière chose, certains de ces animaux se trompent parfois ou exagèrent dans leur processus de régénération et au lieu de faire repousser un cœur ou une patte en font repousser deux en même temps – cooooool non !

AGAU

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