INNOVATION : L’Afrique est-elle en train de passer à côté de la plaque ?

Avant toute chose, permettez que je vous présente brièvement le classement des pays les plus innovants, réalisé par le Global Innovation Index (Il s’agit ici du classement de 2014)

Classement mondial (10 PREMIERS)

  1. Suisse
  2. Angleterre
  3. Suède
  4. Finlande
  5. Hollande
  6. Usa
  7. Singapour
  8. Danemark
  9. Luxembourg
  10. Chine

Au cas où vous vous poserez la question, le premier pays africain dans la liste mondiale est à la 40ème place.

Classement par région (TRIOS DE TÊTE)

Asie du sud et centrale

  1. Inde
  2. Kazasthan
  3. Bhutan

Europe

  1. Suisse
  2. Royaume uni
  3. Suède

Amérique Latine et caraïbes

  1. Barbade
  2. Chili
  3. Panama

Amérique du Nord

  1. USA
  2. CANADA

Asie du sud-est et Océanie

  1. SINGAPOUR
  2. HONG KONG (CHINE)
  3. REPUBLIQUE DE KOREE

Asie de l’Ouest

  1. ISRAEL
  2. CHYPRE
  3. EMIRATS ARABE UNIS

Afrique

  1. MAURICE
  2. SEYCHELLES
  3. AFRIQUE DU SUD
  4. TUNISIE
  5. MAROC
  6. KEYNYA
  7. OUGANDA
  8. BOTSWANA
  9. GHANA
  10. CAP-VERT
  11. SENEGAL
  12. EGYPTE
  13. RWANDA
  14. GAMBIE
  15. MOZAMBIQUE
  16. NAMIBIE
  17. BURKINA-FASO
  18. NIGERIA
  19. MALAWI
  20. CAMEROUN
  21. CÔTE D’IVOIRE
  22. LESOTHO
  23. MALI
  24. ZAMBIE
  25. TANZANIE
  26. MADAGASCAR
  27. ETHIOPIE
  28. SWAZILAND
  29. ZIMBABWE
  30. NIGER
  31. BENIN
  32. ALGERIE
  33. ANGOLA
  34. BURUNDI
  35. GUINEE
  36. TOGO
  37. SOUDAN

Permettez qu’en Afrique que j’aille jusqu’à 37 pays, il fallait tout d’abord que je sache où se trouvait mon pays et aussi pour que je m’assure que mon pays n’est pas le dernier de la liste – c’est vraiment important pour moi. J’ai fait cela également pour des raisons de disponibilité d’informations ou disons plutôt d’indisponibilité d’informations sur certains pays comme Maurice et les Seychelles (je n’en ai pas trouvé sur le net), si vous en avez veuillez me les envoyer, je les recherche ardemment.

Pour en revenir à notre article, disons que les raisons qui m’ont poussé à l’écrire sont purement égoïstes. En effet, je me considère comme un innovateur – voire un très grand (laissez-moi rêver) – et quand je vois les difficultés que certains innovateurs, comme moi, ont pour ne serait-ce que faire connaître leurs innovations, cela me rend de mauvais poil et un peu chagrin. Ce qui est encore plus grave, c’est que je me rends compte que, pour trouver des idées, d’autres innovateurs sur d’autres continents, viennent en Afrique, pour voir comment nous nous débrouillons, malgré le peu de moyen dont nous disposons et finalement nos idées finissent dans la marmite d’un autre qui ajoute quelques ingrédients de son cru, pour en faire son idée (innovation oblige). Et le monde continue de tourner.

Alors cet article se déroulera comme suit : tout d’abord, je montrerai ce qui fait que certains grands pays dans le monde, ont réussi durant des années et des années, à garder leur avance en matière d’innovations – c’est le cas de la Suisse et de la Suède, par exemple – nous verrons également le cas de certains pays émergents, qui ont fait de l’innovation leur ressort pour le développement – Chine, Brésil entre autres – et pour finir, ce serait bien que nous parlons des manquements pour que l’innovation soit également un tremplin pour le développement de l’Afrique. Mais si vous suivez mon développement des deux premiers points, vous n’aurez pas besoin de cette dernière partie.

innovation_page_image

  • L’innovation dans les pays « développés »

L’innovation est le thème qui a été choisi par le Conseil des gouverneurs de 2006 en raison de l’importance qu’elle revêt pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et parvenir à éliminer la pauvreté. Sachez que bientôt on ne parlera plus des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) – on n’a pas réussi à l’atteindre, donc on choisit une autre appellation – mais des Objectifs de Développement Durable (ODD.

Comprendre l’innovation

Dans son acception la plus simple, innovation signifie nouveauté, faire des choses nouvelles ou faire d’une façon nouvelle ce que l’on a toujours fait. Une définition plus précise en est l’application de ressources et de découvertes technologiques, institutionnelles et humaines à des procédés de production débouchant sur de nouvelles pratiques, de nouveaux produits et marchés, de nouvelles institutions et organisations à l’efficacité renforcée.

Vous comprenez maintenant pourquoi je me considère comme un grand innovateur !

LE SYSTEME D’INNOVATION EN BELGIQUE

Aujourd’hui, Bruxelles constitue un haut lieu de l’innovation, un endroit surtout où plein de monde se réunit souvent pour décider de comment on doit innover, qui doit innover, pourquoi doit-on innover et plein d’autres choses concernant l’innovation.

J’ai fait un ou deux tours dans ce pays et j’ai beaucoup aimé l’ambiance qui y prévaut. J’ai trouvé que c’était calme, reposant, on ne regarde pas à gauche et à droite ou plus terrible derrière soi quand on marche dans la rue – au risque de tomber. Je pense donc que c’est normal de se retrouver là quand on veut parler d’innovation. Pour vous donner un exemple concret, sachez qu’un jour alors que j’étais là-bas et que je voulais traverser une route, eh bien tous les automobilistes se sont arrêtés et m’ont dit de passer, n’est-ce pas génial cela ? – Vous allez me prendre surement pour un gaou, mais je m’en fous, je suis allé dans d’autres pays, mais je n’ai pas vu cela, donc…. J’ai trouvé cela incroyable.

Donc pour en revenir au système d’innovation en Wallonie, il est fondé, comme l’a si bien dit Bernadette Biatour et al – ceci pour ne pas citer ses autres collègues – sur six piliers interdépendants :

  1. le pilier développement des connaissances qui capte la capacité de la Région à mobilier des ressources en faveur de la recherche et de l’innovation, 2. le pilier ressources humaines qui couvre les structures d’enseignement et de formation ainsi que l’offre de personnel qualifié, 3. le pilier capacité de valorisation qui reflète la capacité à protéger le résultat de recherche et à lui donner une finalité économique ou sociale, 4. le pilier capacité d’absorption de l’innovation qui englobe les capacités de diffusion, d’intégration et d’utilisation du progrès, 5. le pilier entrepreneuriat qui comprend la capacité de lancer ou de développer des activités nouvelles et 6. le pilier financement qui reflète les possibilités d’accéder au capital afin de mettre en œuvre des projets innovants.

« Tout est dit, je me demande même si je dois continuer cet article, car avec ce qui précède, cela suffit pour analyser l’innovation presque partout dans le monde, mais vu qu’il faut toujours terminer quelque chose qu’on a commencé… »

Essayons maintenant d’analyser certains des pays de notre classement de début, j’avais fait cette intrusion en Belgique pour pouvoir citer ces piliers sur l’innovation, c’est à peu près comme les 5 piliers de … enfin bref vous voyez ce que je veux dire, en clair pour parvenir au paradis de l’innovation, il faut respecter ces 6 piliers au moins.

LA SUISSE

Dans notre classement de 2014, la Suisse a été classée première mondiale dans l’innovation, aussi, prenons quelques secondes pour méditer sur ça.

Dans Le système suisse d’innovation en comparaison internationale Elisabeth Pastor Cardinet, montre que la Suisse a plusieurs points forts qui font qu’elle dépasse les autres :

« Pris séparément, les indicateurs d’inputs montrent que les entreprises suisses sont parmi les plus innovatrices d’Europe: ce sont elles qui consacrent la plus grande part de leur chiffre d’affaires à l’innovation (3,5%). C’est en Suisse également que le pourcentage de petites et moyennes entreprises innovatrices (54,8%) est le plus élevé.

En termes de propriété intellectuelle (outputs), la Suisse se situe là aussi dans le peloton de tête. Elle prend même la première place si l’on considère uniquement le nombre de brevets déposés à l’Office européen des brevets (460 brevets par million d’habitants). »

En clair on peut dire qu’elle respecte vraiment bien les piliers 3, 5 et 6.

« La Suisse obtient de moins bons résultats dans les indicateurs relatifs aux moteurs de l’innovation (formation), à la création de connaissances (R-D et collaborations entre les secteurs) et aux applications (emplois, exportations). »

En d’autres termes, la Suisse est moins bonne élève au niveau des piliers 1, 2, et 4. Cela n’empêche qu’elle est classée première en matière d’innovation en 2014.

LA SUEDE

La Commission européenne classe la Suède au premier rang de l’innovation parmi les pays membres de l’UE. Cette avance s’explique entre autres par un esprit d’invention qui tient de la tradition historique, l’attachement à une société égalitaire et une forte croyance en l’individu. L’étroite collaboration entre les instituts de recherche, les entreprises et le secteur public est un autre facteur clé qui a été à l’origine de multinationales suédoises comme AstraZeneca, Ericsson et Volvo.

L’innovation est intimement liée à la recherche-développement. La Suède est un des trois pays d’Europe qui investissent le plus dans ce domaine, avec des dépenses de R&D de 3,6 pour cent du PIB en 2009. Sachant que l’objectif pour l’ensemble de l’UE est de 3 pour cent du PIB d’ici à 2020, il est clair que la Suède est de loin en tête.

Pour ce qui est du nombre d’ingénieurs qualifiés par habitant, elle arrivait deuxième, talonnant de peu le Japon. L’étude note aussi que ces quinze dernières années, la Suède a été en deuxième place pour le taux de croissance du nombre de brevets par habitant.

La Suède a des atouts tant en termes de résultats que de moyens mis en œuvre. Et elle est jugée avoir une bonne base de ressources, avec un climat politique stable et un enseignement approprié et de grande qualité. Il existe en Suède un vaste réseau d’organisations et d’entreprises publiques et privées coopérant avec les universités. L’intention est de développer de nouveaux produits, services et procédés susceptibles d’apporter à long terme une contribution à une croissance durable.

En clair, et pour revenir à notre étalon simple, basé sur les 6 piliers de l’innovation, la Suède parait être l’élève parfaite – moi-même je ne comprends pas encore très bien comment elle est devenue deuxième en 2014, cela doit-être comme Bill Gates, quand il fait trop de dons une année et chute dans le classement – enfin bref, la Suède parait respecter tous les 6 piliers et même va au-delà (je vous conseille de suivre le documentaire « un œil sur la planète-doit-on imiter les suédois ? » et vous comprendrez ce que je veux dire.

innovationr

  • L’innovation dans les pays émergents

Pour finir cet article, du moins, les deux premières parties, allons dans deux pays magnifiques et qui ont une croissance extraordinaire : le Brésil et la Chine. Entre nous le premier m’impressionne et la deuxième l’est encore plus, même si elle est aussi inquiétante, de part sa politique économique très agressive et presque sans limite.

CAS DE LA CHINE :

La Chine est réellement un cas parmi les pays émergents. Je crois même que c’est un pays qui est carrément à part. On ne peut plus la classer comme pays émergent, ni comme pays développé, suivant les normes actuelles, il va falloir trouver une autre catégorie pour elle, mais ce n’est que mon avis.

Enfin bref, suivant l’OCDE :

« La Chine est parvenue à mobiliser des ressources, à une vitesse et à une échelle exceptionnelles, pour les consacrer à la science et à la technologie : les dépenses de R-D ont progressé au rythme annuel étonnant de 19 % environ depuis 1995. La production issue de la R-D a également progressé à un rythme très rapide. Ainsi, la part de la Chine dans les publications scientifiques internationales est passée de 2 à 6.5 % sur les 10 années arrêtées en 2004 et la Chine se situe déjà en deuxième position, derrière les États-Unis, en termes de publications internationales sur les nanotechnologies.

Parallèlement et plus récemment encore, une première vague d’entreprises chinoises innovantes ont réussi à faire connaître leur marque à l’étranger et à s’implanter au-delà des frontières, parfois en vue d’exploiter les réservoirs de connaissances étrangers par le biais de fusions-acquisitions et la création de centres de R-D à l’étranger.

La Chine est aujourd’hui l’une des grandes puissances économiques du monde, si ce n’est ‘la’ puissance économique et elle n’a pas encore fini de faire parler d’elle. Cette croissance fulgurante est due, comme dans la plupart des pays du BRICS, à l’adoption d’une politique claire en matière d’innovation.

Ainsi les priorités des autorités chinoises, clairement définies, sont :

  • Améliorer les performances et les capacités d’innovation des entreprises chinoises, en vue notamment de renforcer leur capacité d’absorption.
  • Mettre en place des institutions et des mécanismes modernes pour le pilotage et le financement des instituts de recherche publics, dont le rôle dans la production des connaissances doit être renforcé pour soutenir l’innovation au sein du SNI.
  • Augmenter les synergies entre les zones à la pointe de l’innovation et les externalités au-delà des frontières des parcs technologiques, tout en renforçant les interactions entre les différents acteurs du système d’innovation, notamment entre la recherche publique et le secteur privé.
  • Équilibrer le portefeuille de mesures spécifiques visant à promouvoir la science, la technologie et l’innovation. Ces politiques devront être clairement différenciées, en évitant leur prolifération excessive et leur chevauchement.
  • Assurer la croissance des ressources humaines en science et technologie en prenant les mesures nécessaires pour inverser certaines tendances, comme la baisse de la part des diplômes de science et d’ingénierie dans l’enseignement supérieur et la contraction du nombre de diplômes de premier cycle en sciences.
  • Améliorer la qualité et les performances des chercheurs en adoptant des réformes visant à augmenter le niveau de qualification et l’efficacité des équipes au sein des instituts de recherche publics.
  • Encourager l’investissement dans la formation afin d’augmenter le niveau d’investissement des entreprises dans ce domaine et de remédier aux insuffisances en matière de formation professionnelle.

Tout comme moi, je crois que vous aviez retrouvé nos 6 piliers dans ce programme. Et parlant de programme, c’est également, je le répète, l’un des points forts de la Chine. Tout est planifié clairement dans les moindres détails. Mais je ne vais pas trainer sur ce point, sinon les gens vont me sortir des arguments du genre dictature et d’autres choses. Je continue donc.

CAS DU BRESIL

Le brésil est un autre pays faisant partie des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Ce pays me passionne particulièrement, car « instinctivement, je sens » que ce sera l’une des grandes puissances dans les décennies à venir. S’il arrive que cet article survive, sans doute qu’un jour on me donnera raison.

Vous vous rendez compte que, c’est le seul pays au monde – du moins je crois – où toutes les cultures, races, civilisations, sociétés se côtoient sans trop de heurts ? Et même s’il y a des problèmes, ce n’est pas pour des questions aussi triviales que la Race ou les différences de cultures. Enfin bref là n’est pas notre sujet, revenons à nos piliers de l’innovation.

Pour le Brésil, une chose intéressante à noter est qu’ils ont réussi à mettre en place des structures de liaison entre l’Université et le secteur privé, ce qui manque dans plusieurs pays africains notamment. Ils ont mis en place – ils c’est pour dire les brésiliens ou le gouvernement – des fonds récoltés par le secteur public et les entreprises, des taxes sur le chiffres d’affaire des grandes entreprises, des taxes d’exploitation des ressources naturelles, qui sont destinés à nourrir la Recherche et développement, à consolider les liens entre les Universités et la production effective, et à assurer une meilleure diffusion des résultats de la recherche scientifique à toutes les régions du pays et réduire les disparités socio-économiques dans le pays.

Enfin bref, je crois beaucoup en ce pays. L’avenir dira si j’au eu raison ou pas.

Je crois que je vais m’arrêter là pour ce deuxième point et maintenant essayons de voir ce qui n’a pas marché en Afrique ou qui ne marche pas et qui me fait penser que l’Afrique est en train de passer à côté.

innovation-afrique

  • L’innovation en Afrique

Avant toute chose, sachez que je ne suis pas du genre pessimiste, loin de là, cela n’empêche que quand quelque chose ne fonctionne pas, il faut le dire. Je suis ce qu’on peut appeler un « modéré radical ». J’essaie d’éviter les extrêmes. Je n’aime pas trop le terme « réaliste » non plus, car pour ce que je pense du réalisme, c’est aussi une autre histoire.

Pour vous montrer que je suis très fier de certains bon élèves et innovateurs du continent africain, je vais vous parler d’un seul pays que je connais bien. Rassurez-vous, ce n’est pas l’Afrique du Sud – est-ce réellement un pays africain ? Je me suis toujours posé la question (c’est pour rire hein, n’en tirez aucune conclusion J – non je vais vous parler du Maroc.

J’adore le Maroc, prenez ce pays, enlevez les quelques racistes qu’il y a et vous aurez un merveilleux pays. Je peux vous en parler durant un long moment, aussi vais-je revenir au système d’innovation dans ce pays.

Le Maroc est classé 5ème , en Afrique, après Maurice, Seychelles, Afrique du Sud et la Tunisie. Pour les deux premiers, je vous avais déjà dit que je n’ai pas d’informations sur eux, pour l’Afrique du Sud, on est tous d’accord qu’il n’étonne plus personne – même si le Nigéria la dépasse aujourd’hui, cela ne change absolument rien – et en ce qui concerne la Tunisie, je la connais très peu, comparativement au MAROC.

J’ai vécu au Maroc durant cinq ans, je pense donc pouvoir parler de ce pays, par expériences et non juste au travers de recherches faites sur le net.

CAS DU MAROC

La politique en matière d’innovation du Maroc, définie dans la « Stratégie Maroc Innovation », peut être résumée comme ceci :

  • Faire de l’innovation un facteur clé de compétitivité
  • Faire du Maroc un pays producteur de technologies
  • Exploiter les capacités de R&D des universités marocaines
  • Faire du Maroc une place attractive pour les talents et les projets de R&D
  • Diffuser une culture de l’innovation et de l’entreprenariat

Je ne vais pas ajouter d’autres choses. Selon moi c’est « ceci » qui manque à d’autres pays sur le continent : élaborer et mettre en pratique une politique claire, écrite et connue, en matière d’innovation.

Quand une politique est bien définie, l’énergie, pour réaliser ses objectifs bien définis, est concentrée et on se donne les moyens de ses ambitions.

Maintenant, imaginez une maison à 6 faces – eh ben quoi, c’est possible – maintenant disons que, pour que cette maison, qui est l’innovation, puisse se faire voir – pour une raison ou une autre, elle doit être visible – il faut qu’elle soit construite sur 6 piliers bien solides. Jusque là vous me suivez j’espère.

 

Les 6 piliers sont ceci :

 

  1. le pilier développement des connaissances qui capte la capacité de la Région à mobilier des ressources en faveur de la recherche et de l’innovation,
  2. le pilier ressources humaines qui couvre les structures d’enseignement et de formation ainsi que l’offre de personnel qualifié,
  3. le pilier capacité de valorisation qui reflète la capacité à protéger le résultat de recherche et à lui donner une finalité économique ou sociale,
  4. le pilier capacité d’absorption de l’innovation qui englobe les capacités de diffusion, d’intégration et d’utilisation du progrès,
  5. le pilier entrepreneuriat qui comprend la capacité de lancer ou de développer des activités nouvelles
  6. le pilier financement qui reflète les possibilités d’accéder au capital afin de mettre en œuvre des projets innovants.

 

Aujourd’hui, plusieurs pays africains misent fortement sur le pilier 5, on motive les jeunes à développer leur esprit d’entrepreneuriat, à lancer des projets d’entreprise, à développer des activités génératrices de revenus. Malheureusement, un seul pilier ne suffit pas à porter cette grande maison que constitue l’« INNOVATION ». Et en plus, même dans ce cas, il est conseillé aux jeunes de miser sur des projets qui ont été déjà faits ailleurs. J’ai déjà participé à plusieurs concours, rencontres, appels à projets dans le « domaine de l’innovation » et à la fin, tu demandes « où est l’innovation ? ». Ne réinventez pas la roue ! Entendrez-vous répéter à ces rencontres. Or une entreprise, une société qui n’innove pas est vouée à disparaître après quelques années, et l’innovation est un tout.

Je connais en Afrique, de nombreux jeunes qui « innovent », vraiment ; ils sont bons, et ils innovent dans tous les domaines, nouvelles manières de gouverner, des recherches de pointe, des programmeurs qui n’ont rien à envier à leurs pairs de la Silicon Valley. Ils ont des rêves et des projets pleins la tête et ont la capacité et la volonté pour les réaliser. Malheureusement, et cela me peine de le dire, mais la majorité ne réalisera ces rêves, parce qu’ils manquent de tout, de financement, de reconnaissance, d’accompagnement. Il y’a manque en Afrique, de ces visionnaires qui sont prêts à investir sur ces jeunes. Dire qu’il manque ne signifie pas qu’il n’existe pas de gens capables d’investir, juste qu’il manque de gens qui sont prêts à prendre le risque d’investir dans l’innovation, dans sa signification complète. La plupart des investisseurs – investisseur dans un sens large – sont trop frileux et préfèrent investir dans les domaines classiques, non risqués, traditionnels.

Parmi ces jeunes, ceux qui auront la chance, se verront récupérer sur un projet en Europe ou aux Etats-Unis, en tout cas ailleurs que chez eux.

 

Pour finir n’oublions pas qu’en coulisse, la bataille est rude pour passer à des Accords de Partenariat Economique (APE), avec d’autres régions économiques du monde. Tous les acteurs sont d’accord pour dire que l’Afrique n’innove pas assez, dans tous les domaines, social, économique, politique, scientifique… pour que ces accords soient bénéfiques pour elle, malgré tout, certains pays ont déjà signé une partie de ces accords. Bon nous y reviendrons.

AGAU

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s