IMMIGRATION CLANDESTINE, UNE POLITIQUE COMMERCIALE D’EXPORTATION ET D’IMPORTATION MAL NEGOCIEE, UNE FOIS ENCORE.

Immigration

J’ai écrit cet article après lecture de certains commentaires pas très « humanistes », mais très « réalistes et humains » après les drames de l’immigration de ces derniers jours.

Avant que vous ne continuiez votre lecture, j’aimerais prévenir tout lecteur et lectrice que certains mots utilisés dans ce billet peuvent choquer la sensibilité humaniste, mais j’espère qu’il s’agit là d’ « une facette de la vérité ». Enfin bref, vous lirez cet article à vos risques et profits.

Si vous êtes de nature à vous emporter facilement, je vous prierai de vous arrêter ici. Et pour ceux qui par curiosité vont quand même se lancer dans la lecture, je vous dirai de ne point vous arrêter en route, au risque de garder un « mauvais » arrière-goût amer.

LES BESOINS DES DEUX COTES DE LA MEDITERANNE

Toutes les sociétés qui vieillissement, qui croissent rapidement ou qui arrivent à l’épuisement de leurs ressources naturelles ont besoin de main-d’œuvre bon marché et de renouvellement de leurs matières premières pour rester en vie, littéralement. Pour ce faire les solutions ne sont pas légions, soit vous attaquez vos voisins, vous leur faites la guerre, en les réduisant en esclavage ou bien vous signez un contrat ou accord, ou partenariat (appelez cela comme vous voulez) et vous faites en sorte que ces accords de partenariat vous profite plus qu’à l’autre (c’est cela la lutte pour la survie). Cette manière de faire est valable sur terre comme chez les extraterrestres, au niveau individuel comme au niveau d’un groupe d’humains.

D’un autre côté les sociétés qui évoluent lentement, qui sont fragiles socialement ou faibles (c’est selon les définitions) on toujours tendance, pour avancer, à vendre, sacrifier ou échanger leur matière première abondante, non utilisée ou qu’elles sont incapables de gérer, transformer ou d’utiliser correctement contre un peu de prestige, pour se payer un peu de loisirs, divertissements et de liberté. Ces sociétés, en prenant comme modèle (ce qui arrive souvent) ceux qui sont « théoriquement en avance » sur elles, ont tendance, dans leur ambition, de « vivre comme l’autre », de faire énormément de sacrifices au risque de brader leur matières premières naturelles (sur terre, sous terre et même dans les airs s’il y en a).

En clair, il y a des besoins de chaque côté, mais généralement et normalement les besoins de « survie » sont plus impérieux que les besoins de « vivre un peu ».

EXPORTATION ET IMPORTATION D’HOMMES FRAIS

L’Europe, les Etats-Unis et l’Asie évoluent rapidement et certaines des sociétés sur ces continents ont atteint un « critical point », un point où, s’ils s’arrêtent d’avancer, ils régresseront ou leurs civilisations connaîtront une disparition totale. Comme ces poissons qui ne peuvent s’arrêter de nager au risque de s’asphyxier. C’est déjà arrivé dans l’histoire et cela arrivera encore et encore. Les sociétés sont des créations humaines chimériques et ont besoin de réajustements au fur et à mesure de l’évolution pour pouvoir se stabiliser et se maintenir.

L’Afrique quant à elle évolue lentement (je n’aime pas le terme « est arriérée » car cela voudrait dire que tous les continents sont partis dans la course à l’évolution en même temps, ce qui n’est pas le cas à mon humble avis). Cette évolution lente entraine une utilisation toute aussi lente des ressources naturelles, mais une vie sociale plus difficile. Et le fait de « voir » que « les autres » semblent avoir une vie plus enviable, cela crée un besoin non naturel de « rattrapage » et des aspirations d’évolution trop rapides. Pour y arriver les sociétés jeunes comme l’Afrique ont tendance à avancer « trop » rapidement avec énormément de risques et d’erreurs commises et une tendance négative à faire de mauvaises négociations, l’essentiel étant de faire comme les autres, quelque soit le prix à payer.

Dans “Replacement migration : is it a solution to declining and ageing populations ?” publié par les Nations Unies en 2000, une question est posée : « quel est le niveau d’immigration en provenance des pays en développement qui serait nécessaire pour compenser les tendances négatives de la démographie des pays les plus développés ? » Trois scénarios étaient envisagés, selon que l’objectif était le maintien, sur la période 2000-2050, I de l’effectif de la population totale, II de l’effectif de la population d’âge actif (15-64 ans), ou III du rapport de support potentiel (15-64 / 65 +).

En clair, pour continuer à exister avec ce niveau de croissance socio-économique, de consommation des ressources naturelles, de vieillissement démographique, les pays « développés » auront besoin d’hommes frais et l’une des solutions seraient des hommes et femmes en provenance des pays « en développement ». Et les chiffres sont éloquents ; il faudrait au moins : 47 millions d’immigrants dans l’Union Européenne entre 2000 et 2050 dans le scénario I, 79 millions dans le scénario II et 674 millions dans le scénario III.

Dans les pays d’origine des migrants, le poids de la démographie augmente, il y a une mauvaise distribution des richesses locales, il y a absence d’emploi et il y a sous-emploi, la rémunération après emploi est si faible qu’il devient difficile de « vivre comme les autres », l’insécurité augmente à cause des problèmes liés aux aplanissements récents nés d’une société jeune en pleine réorganisation. Les raisons communes de déclenchement de conflits ont de beaux jours sur ce jeune continent qu’est l’Afrique (la faim, la vanité, le délassement, l’oisiveté, la religion, la prédation de certaines minorités…), en moins que des solutions vigoureuses soient prises. Ceux qui ont vraiment envie ou intérêt à déclencher et maintenir des conflits sur le continent africain, n’ont donc pas trop de difficultés pour mener à bien leur business. Toutes ces choses précédemment citées font de l’immigration un choix rationnel et pour les individus et pour les états. Là où se situe le problème est que peu d’états africains ont une politique claire en matière d’émigration.

EMIGRATION CONTROLEE ET IMMIGRATION CHOISIE

De l’autre côté, dans les pays développés on parle, presque dans tous les pays, d’immigration choisie, tandis que dans les pays de départ il n y a presque aucune forme d’émigration contrôlée. Contrôlée ici dans le sens où il faudrait déjà choisir les personnes qui doivent « partir en mission », connaître leur nombre et les « inciter » à revenir à la fin de leur mission ou du moins trouver une politique claire pour profiter de la force économique que constitue cette émigration. Sur le plan économique, si je ne m’abuse, celui qui a le plus grand besoin, un besoin vital est celui qui doit payer le plus, or c’est le contraire ici, montrant que les pays fournisseurs de cette main-d’œuvre ne prennent pas encore toute la mesure de cette richesse que constituent les émigrés.

Chez les pays qui ont besoin de cette marchandise humaine fraiche pour leur survie (bien entendu il y a d’autres solutions pour résoudre ce problème de vieillissement de la population des sociétés en évolution, mais la tendance a toujours été à la facilité), dans ces pays qui sont arrivés à « un critical point », c’est une erreur que de ne pas « laisser » les immigrés retourner chez eux. Je parle des immigrés normaux et choisis au préalable. Ce serait une solution à l’immigration clandestine, un début de solution tout au moins.

Supposons que chaque année l’Europe reçoit 1 millions d’immigrés officiels, choisis, et qu’ils ont accès à un travail décent, après un certain temps, disons dix ans, ils se sont construits assez pour retourner chez eux. Les Etats, des deux côtés de la berge devraient tout faire pour que cette première vague rentre chez elle. Rentrez chez soi signifie que les moyens leur sont donnés pour reconstruire une vie plus ou proche de celle quittée. Ces émigrés ou immigrants de retour chez eux créeront des emplois décents, ou du moins des opportunités de travail et amélioreront leur société d’origine d’une manière sensible. Tout le monde sait que « ceux qui reviennent d’en-haut » ont toujours envie de changer les choses, vraiment, c’est les sous qui manquent le plus.

Malheureusement ce qui est constaté est que, dans la majorité des cas, pour les « meilleurs » parmi les immigrés tout est fait pour qu’ils puissent rester dans les pays d’accueil et seuls ceux qui sont « instables » se battent pour revenir (sans offenser personne) et ceux-là, même quand ils reviennent, ils préfèrent retourner très vite de l’autre côté (trop de misère sur le terrain et de difficultés à régler pour eux-mêmes et leurs frères sur le terrain).

En Afrique, seul un ou deux pays, parmi les plus grands fournisseurs de migrants, ont une politique claire, bilatérale et assez profitable en matière d’immigration. Or il s’agit d’une richesse incroyable. Il y a l’argent envoyé quotidiennement par les migrants, une manne en remises sur épargne, il y a l’augmentation de la qualification des migrants revenus, donc l’augmentation des personnes qualifiées et compétentes capables de faire avancer les pays de départ économiquement, socialement et scientifiquement….

De l’autre côté, le fait d’instaurer, de faciliter et d’accompagner ce retour dans leur pays d’origine des migrants, feront que les tensions sociales, les tensions ethniques, la stratification de la société, les problèmes raciaux auront tendance à diminuer. Ceux qui accueillent n’auront plus à craindre pour leur « part de richesse nationale », car ils savent que ces personnes finiront par partir. Ils seront là juste pour « emploi rémunéré ».

TOUT LE MONDE EST CONTENT : LE BESOIN EN UNE SITUATION MEILLEURE EST SATISFAIT, LE BESOIN EN MAIN-D’ŒUVRE POUR MAINTENIR UNE SOCIETE GOURMANDE EST SATISFAIT ET RENOUVELE, LE BESOIN D’APPORTER UN PLUS A SA FAMILLE ET A SON PAYS EST SATISFAIT.

Cela ne réglera pas « totalement » les problèmes, mais ce sera un début de solution pour les deux côtés impliquées dans cette traite humaine, mais nécessaire et vitale qu’est l’immigration clandestine ou non.

Mes amis à « l’étranger » ont bien envie de rentrer chez eux, « apporter quelque chose à leur pays », mais la majorité sait qu’ils regretteront ce retour dans les conditions actuelles, et je leur donne raison.

Les problèmes d’immigration, d’émigration, d’étrangers vivant ou voulant vivre ailleurs n’est pas juste une question entre pays développés et pays en développement seulement, ces problèmes vont croître de plus en plus entre les pays en voie de développement eux-mêmes, mais aussi entre pays développés et pays développés. Plus tôt des solutions claires et adaptées seront prises, mieux ce sera, car avec l’augmentation et la globalisation des moyens de transport et des politiques socio-économiques, plus les problèmes et les dangers nés des flux migratoires seront nombreux.

Bien entendu le fait d’être de « passage » ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir d’intégration.

En résumé, je pense que, que ce soit dans les pays développés, tout comme dans les pays en voie de développement, les erreurs menant aux drames de l’immigration sont partagées. Rejeter la faute sur un seul camp, que ce soit sur les passeurs, les migrants, les pays de départ ou les pays d’accueils ou de non-accueil, serait une faute stratégique. Toutes les parties en présence ont des besoins et elles devraient trouver une manière de détourner ce flux migratoire en leur faveur. Pour cela il faudrait que chaque partie accepte de faire des compromis, accepte ses responsabilités et mette en place des stratégies bien définies.

Je vous pose aussi la question : Politique de replacement migration ou de guests workers ? Vous choisirez laquelle, dans une optique de développement durable et globalisé ? Ou avez-vous une autre solution pour juguler les flux migratoires ?

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