DES LIMITES DE LA DEMOCRATIE ET DU SUFFRAGE UNIVERSEL 3) REMISE EN QUESTION DES FONDAMENTAUX

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Cette remise en cause de la représentation populaire par les urnes, on le voit, est plus que jamais d’actualité. Car depuis plus d’un siècle et demi que le suffrage universel a été instauré en France, et plus d’un demi-siècle maintenant, qu’il se trouve dans la constitution des états africains, il ne semble pas que le peuple soit tellement représenté.

Vous sentez-vous représenté vous ? Si tel est le cas, eh bien tant mieux pour vous !

Prenons un peu l’histoire des peuples africains, voulez-vous :

Sur la scène politique, comme le montre si bien Vincent Darracq et Victor Magnani dans leur article ‘Les élections en Afrique, un mirage démocratique ?’ : « L’adhésion à la norme démocratique a en effet souvent permis à de nouveaux entrants de décrédibiliser les élites sortantes : ce fut le cas de Laurent Gbagbo en Côte-d’Ivoire qui, opposant au président Félix Houphouët-Boigny dans les années 1980 et au début des années 1990, se présentait comme un farouche partisan de la démocratie et du multipartisme. »

On sait tous où est présentement notre cher « démocrate », dans le box des accusés de dictature. Et quoi qu’on dise c’est une partie de son peuple qui l’a renvoyé dans la violence ; il a résisté, car se croyant investi par le peuple (donc il se devait de rester). En tout cas à la fin il n y eut aucune scène démocratique, au contraire, les basiques étaient de retour (violence, violence, violence…). Chasser le naturel, il revient au galop.

Certains se basent sur cette histoire de représentation populaire pour en faire trop. Comme exemple : « pour les élections législatives de 2007 au Kenya, 153 partis étaient officiellement répertoriés. Cela fragmente la représentation nationale (23 partis représentés au Parlement kenyan) mais, surtout, la capacité de ces partis à jouer leur rôle de linkage et à exister en dehors des campagnes électorales est sujette à caution. »

Les ressorts de la mobilisation électorale sont alors la personnalité du leader et ses réseaux, le clientélisme, l’assurance faite à un groupe ou à une région que désormais, c’est « à notre tour de manger». L’idéal de l’élection comme confrontation entre idées politiques et entre programmes reste ainsi fort lointain.

Pour Mazamesso WELLA dans ‘Processus électoraux en Afrique francophone’ « En Afrique, la période électorale rime le plus souvent avec violences interethniques. Loin d’être un moment de confrontations politique et idéologique, elle est un temps de réactivation des conflits identitaires et de construction d’une identité nationale plurielle où les clivages communautaires resurgissent avec acuité dans l’espace public. La manipulation des communautés de base par les leaders politiques est l’une des causes de cette situation qui débouche sur des affrontements interethniques. Parfois certains candidats renoncent à faire campagne dans certaines localités. »

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Jusque là je ne vois aucune élection démocratique. Et vous ? Mais des élections sanglantes, oui.

Dans ‘A quoi servent les élections en Afrique ?’ Médard POLISSE BEBE montre bien que « la possibilité pour les citoyens de pouvoir régulièrement exprimer une alternance ou, au contraire, de donner un nouveau mandat au pouvoir sortant, évite que les désaccords politiques majeurs ne trouvent un autre terrain d’expression (la rue) et d’autres modalités (la violence), comme c’est souvent le cas dans le continent. »

Et oui c’est trop bien souvent le cas, pour que ce soit juste une coïncidence, ou une exception pour confirmer la règle.

L’article de Hicham El Moussaoui, pose la vraie question : ‘Afrique : pourquoi les élections sont-elles souvent contestées ?’ . Ne sont-elles pas l’expression de la démocratie, de la souveraineté du peuple ? (cette dernière question est de moi par contre).

Dans son article, Hicham El Moussaoui pose une théorie tout à fait fascinante. Selon lui, il faut utiliser une « approche des choix publics » pour pouvoir répondre à cette question et il dit ceci : « Dans cette approche, on considère qu’il n’y a pas d’Etat qui cherche l’intérêt général, mais seulement des hommes d’Etat (politiques et bureaucrates) qui se préoccupent en premier lieu de leur propre intérêt (recherche du pouvoir). Toujours dans cette approche, le processus des élections, est considéré comme un marché : les offreurs sont les hommes politiques et les demandeurs sont les électeurs. Contre les votes des seconds, les premiers échangent des promesses électorales dans des domaines spécifiques. »

C’est on ne peut plus clair : dans la réalité (du moins dans la grande majorité de la réalité), les hommes politiques ne cherchent aucunement l’intérêt du peuple, ou à représenter un quelconque peuple, ils sont là juste pour leur intérêt personnel (pouvoir, argent…). Et vu que tout le monde ne peut pas gouverner (nous avions déjà démontré cela, vous et moi), mais que chacun veut quelque chose, le peuple aimerait bien vivre un peu mieux et les hommes ambitieux voudraient un peu plus de pouvoir et d’argent, alors il se crée un marché, au sein duquel il y a des vendeurs (les politiciens qui vendent des promesses) et des acheteurs (les électeurs).

Et tous ceux qui ont fait l’économie ou fait un peu de commerce (chacun a déjà au moins vendu un truc), le vendeur gagne toujours. S’il est gentil, il pourra diminuer et être raisonnable sur le bénéfice retiré de sa vente, mais au grand jamais il ne voudrait perdre. Pas besoin d’être un expert-penseur pour comprendre cela.

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